Couple trentenaire observant leur nouvel appartement vide, premier achat immobilier protégé par assurance emprunteur
Publié le 18 février 2026

Votre banque vient de vous annoncer le montant de l’assurance emprunteur. Et là, vous vous demandez si tout cet argent en vaut vraiment la peine. Soyons honnêtes : personne n’aime payer pour quelque chose qu’on espère ne jamais utiliser. Mais imaginez une seconde que vous ne puissiez plus travailler demain. Que votre conjoint se retrouve seul face à des mensualités de 1 500 € par mois. Cette assurance, c’est exactement ce qui empêche ce scénario de devenir une réalité.

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en gestion de patrimoine. Consultez un conseiller financier ou courtier en assurance pour toute décision concernant votre couverture emprunteur.

L’essentiel sur la protection de votre crédit en 30 secondes

  • L’assurance emprunteur rembourse votre crédit si vous ne pouvez plus le faire (décès, invalidité, incapacité)
  • Elle protège votre patrimoine ET vos proches d’une dette insurmontable
  • La quotité détermine le niveau de protection : visez 100% sur chaque tête pour les couples
  • Depuis la loi Lemoine, vous pouvez changer d’assurance à tout moment

Votre crédit sans assurance : le scénario que personne ne veut vivre

Je me souviens de Marc, un client de Nantes que j’ai aidé à renégocier son assurance en 2024. Il avait acheté un appartement T4 dans le quartier Chantenay avec un crédit Crédit Agricole. Dix-huit mois après la signature, diagnostic cancer. Ce qui m’a marqué dans son dossier, c’est l’attente. Trois semaines pour obtenir le bon formulaire médical de l’assureur. Sa femme m’appelait tous les deux jours, paniquée. Finalement, la prise en charge PTIA a été validée, mais avec des demandes de pièces complémentaires qui ont retardé le premier versement de six semaines.

Ce dossier m’a convaincu d’une chose : sans assurance emprunteur, cette famille aurait dû continuer à payer des mensualités avec un seul salaire. Ou pire, vendre leur appartement dans l’urgence. La banque, elle, n’attend pas. Les échéances tombent le 5 de chaque mois, que vous soyez à l’hôpital ou non.

Le problème, c’est que beaucoup de gens signent leur assurance emprunteur comme ils signent les conditions générales d’une appli : sans vraiment lire. Et quand le coup dur arrive, ils découvrent qu’ils ne sont pas couverts pour tel motif, ou que la franchise est de 90 jours alors qu’ils pensaient être protégés immédiatement.

Ce qui me frappe dans les dossiers que j’accompagne, c’est à quel point les emprunteurs sous-estiment l’importance de la protection patrimoniale. Votre bien immobilier représente souvent plusieurs années d’épargne, parfois l’héritage de vos enfants. L’assurance emprunteur n’est pas une option administrative imposée par la banque : c’est le filet de sécurité qui empêche tout ça de s’effondrer si votre santé vacille.

Les 4 boucliers de votre patrimoine immobilier

Quand on parle de garanties d’assurance emprunteur, les sigles fusent : IPT, ITT, PTIA. On dirait presque un autre langage. Je vais vous traduire tout ça en situations concrètes, parce que c’est la seule façon de comprendre ce qui vous protège vraiment.

Avant d’entrer dans le détail, gardez une chose en tête : ces garanties ne fonctionnent pas de la même façon. Certaines remboursent le capital restant dû en une fois (votre prêt est soldé), d’autres prennent en charge vos mensualités le temps que vous vous rétablissiez. Pour approfondir le fonctionnement de chacune, je vous recommande de consulter les garanties de votre assurance prêt immobilier en détail.

Décès et PTIA : protéger vos proches de la dette

La garantie décès, c’est la plus simple à comprendre. Si vous décédez pendant la durée du prêt, l’assureur rembourse le capital restant dû à la banque. Votre conjoint hérite du bien immobilier sans la dette qui va avec. Ça peut paraître morbide d’en parler, mais c’est exactement ce qui évite aux familles de se retrouver à la rue.

La PTIA (Perte Totale et Irréversible d’Autonomie), c’est l’équivalent pour les cas les plus graves de dépendance. On parle de situations où vous avez besoin d’une assistance permanente pour tous les actes de la vie quotidienne : vous habiller, vous laver, vous nourrir. Le fonctionnement est le même : l’assureur solde le prêt.

Comprendre ses garanties avant de signer reste la meilleure protection



Invalidité permanente (IPT/IPP) : quand travailler devient impossible

L’invalidité permanente totale (IPT) se déclenche généralement quand votre taux d’invalidité dépasse 66%. Concrètement, un médecin expert évalue que vous ne pouvez plus exercer aucune activité professionnelle. L’assureur prend alors en charge le remboursement selon les conditions de votre contrat.

L’invalidité permanente partielle (IPP) couvre les situations intermédiaires, avec un taux d’invalidité généralement compris entre 33% et 66%. La prise en charge est proportionnelle au taux d’invalidité reconnu. Attention au piège classique : certains contrats excluent l’IPP. Vérifiez le vôtre.

Incapacité temporaire (ITT) : traverser un arrêt maladie sereinement

L’ITT, c’est la garantie qui vous couvre quand vous êtes en arrêt de travail temporaire. Burn-out, accident, maladie longue : l’assureur prend en charge vos mensualités pendant votre convalescence.

Le piège que je vois souvent ? La franchise. Un délai de carence de 30 à 90 jours selon les contrats s’applique avant que la prise en charge ne démarre. J’ai accompagné Élodie en 2023, cadre commerciale de 38 ans qui avait acheté un appartement à Lyon avec son conjoint. ITT déclenchée après un burn-out sévère. Sa franchise était de 90 jours : trois mensualités à avancer avant le moindre versement de l’assureur. La prise en charge a été effective au quatrième mois, mais ce stress financier aurait pu être évité avec une meilleure information au départ.

Le récapitulatif ci-dessous compare les quatre garanties principales selon leur déclenchement, le bénéficiaire réel du versement et l’impact concret sur votre patrimoine.

Les 4 garanties qui protègent votre patrimoine : le comparatif clair
Garantie Situation déclenchante Qui reçoit l’argent Type de prise en charge Impact patrimoine
Décès Décès de l’assuré La banque directement Capital restant dû soldé Bien transmis sans dette
PTIA Dépendance totale permanente La banque directement Capital restant dû soldé Bien conservé, prêt annulé
IPT/IPP Invalidité ≥33% à 66%+ La banque directement Selon taux d’invalidité Mensualités réduites ou soldées
ITT Arrêt maladie/accident La banque directement Mensualités pendant arrêt Aucun retard de paiement

Quelques termes méritent une clarification pour que vous puissiez décrypter n’importe quel contrat d’assurance emprunteur.

Le jargon de l’assurance emprunteur décodé

PTIA (Perte Totale et Irréversible d’Autonomie)
État de dépendance nécessitant l’assistance d’une tierce personne pour tous les actes de la vie quotidienne (se laver, s’habiller, se nourrir, se déplacer).
IPT (Invalidité Permanente Totale)
Incapacité définitive d’exercer toute activité professionnelle, généralement reconnue à partir d’un taux d’invalidité de 66%.
ITT (Incapacité Temporaire de Travail)
Impossibilité temporaire d’exercer son activité professionnelle suite à une maladie ou un accident. Prise en charge après une période de franchise.
Quotité
Pourcentage du capital assuré par chaque emprunteur. La somme des quotités doit atteindre au minimum 100%.
Franchise
Délai de carence entre la déclaration du sinistre et le début de la prise en charge par l’assureur (généralement 30 à 90 jours pour l’ITT).
Capital restant dû
Montant qu’il reste à rembourser sur votre crédit à un instant T. C’est la base de calcul pour l’indemnisation en cas de sinistre.

Quotité 50/50 ou 100/100 : l’erreur qui peut coûter votre logement

Protéger son logement, c’est aussi protéger l’avenir de ses enfants



Franchement, cette erreur me met hors de moi à chaque fois que je la rencontre. La quotité d’assurance, c’est le pourcentage du capital assuré par chaque emprunteur. Quand vous empruntez à deux, la banque exige un minimum de 100% au total. Beaucoup de couples choisissent 50/50 par réflexe d’équité. « On partage tout à parts égales, c’est normal. »

Sauf que ce n’est pas équitable du tout quand les revenus sont déséquilibrés.

L’erreur quotité qui met votre conjoint en danger

Avec une quotité 50/50, si l’emprunteur aux revenus les plus élevés décède, l’assurance ne rembourse que 50% du capital restant dû. Le survivant doit continuer à payer les mensualités sur les 50% restants. Si ses revenus ne suffisent pas, une seule option : vendre le bien dans l’urgence.

Dans mon activité de conseil en assurance emprunteur, j’observe régulièrement ce piège. J’ai accompagné des dossiers où l’écart de revenus entre conjoints dépassait 40%. Dans ces cas, une quotité 50/50 expose clairement le survivant aux revenus les plus faibles à devoir vendre le bien. En Île-de-France, où les mensualités dépassent souvent les capacités d’un seul salaire, cette erreur peut être catastrophique. Ce constat est particulièrement marqué sur les couples avec un écart de revenus significatif, mais la fréquence peut varier selon les régions et les profils.

Mon avis (qui n’engage que moi) : pour les couples avec des revenus déséquilibrés, je recommande systématiquement une quotité à 100% sur chaque tête. Oui, ça coûte plus cher. Mais si vous comparez le surcoût de l’assurance (quelques milliers d’euros sur la durée du prêt) avec la valeur de votre bien (plusieurs centaines de milliers d’euros), le calcul est vite fait. Pour obtenir un devis adapté à votre situation, vous pouvez utiliser un service spécialisé en assurance de prêt immobilier.

La bonne nouvelle, c’est que selon la loi Lemoine du 28 février 2022, vous pouvez changer votre assurance emprunteur à tout moment. Si vous êtes actuellement sur une quotité mal calibrée, vous n’êtes pas coincés. Cette loi a également supprimé le questionnaire de santé pour les prêts dont la part assurée n’excède pas 200 000 € par assuré et dont l’échéance intervient avant le 60e anniversaire.

Sinistre déclaré : ce qui se passe vraiment (et en combien de temps)

Sur le papier, la procédure paraît simple : vous déclarez le sinistre, l’assureur étudie le dossier, il rembourse. Dans la vraie vie, c’est plus compliqué. Et surtout, c’est plus long que ce que les brochures commerciales laissent entendre.

Voici la chronologie que j’observe sur les dossiers que j’accompagne. Ces délais sont des moyennes terrain, pas des minimums théoriques.


  • Déclaration du sinistre à l’assureur

  • Réception du formulaire et dossier assureur

  • Transmission des pièces médicales complètes

  • Décision de l’assureur (acceptation ou demande complémentaire)

  • Premier versement effectif à la banque

Comptez donc deux à trois mois entre votre déclaration et le premier euro versé par l’assureur. Pendant ce temps, les mensualités continuent de tomber. C’est pour ça que je conseille toujours d’avoir une épargne de précaution équivalente à trois à six mois de mensualités.

Ce que les familles ignorent souvent, c’est que la rapidité du versement dépend beaucoup de la qualité du dossier initial. Un dossier incomplet peut rajouter quatre à six semaines de délai. Les décisions DGCCRF d’octobre 2025 rappellent d’ailleurs que les banques ont l’obligation de répondre sous 10 jours ouvrés aux demandes de substitution d’assurance. Quatre établissements bancaires majeurs ont été sanctionnés à hauteur de près de 900 000 € d’amendes pour non-respect de ce délai.

Pièces à préparer en amont pour accélérer votre dossier sinistre



  • Contrat d’assurance emprunteur et conditions générales


  • Tableau d’amortissement à jour du prêt


  • Certificats médicaux avec dates précises d’arrêt


  • Attestation de versement des indemnités journalières (si arrêt maladie)


  • Coordonnées directes du médecin traitant pour les éventuelles vérifications

Vos questions sur la protection de votre crédit immobilier

Voici les interrogations que je reçois le plus souvent de la part des emprunteurs. Elles reflètent des préoccupations légitimes que beaucoup partagent sans oser les formuler.

Mon conjoint devra-t-il rembourser mon crédit si je décède ?

Ça dépend entièrement de votre quotité d’assurance. Si vous êtes couvert à 100%, non : l’assureur rembourse l’intégralité du capital restant dû et votre conjoint hérite du bien sans dette. Si vous êtes couvert à 50%, votre conjoint devra assumer les 50% restants. C’est pour ça que le choix de la quotité est si crucial pour les couples.

Que se passe-t-il si je suis en arrêt maladie longue durée ?

Votre garantie ITT (Incapacité Temporaire de Travail) prend le relais après la période de franchise prévue dans votre contrat (généralement 30 à 90 jours). L’assureur verse alors vos mensualités directement à la banque. Vérifiez bien la durée maximale de prise en charge (souvent limitée à 3 ans) et les conditions d’indemnisation (forfaitaire ou indemnitaire).

Puis-je changer d’assurance emprunteur en cours de crédit ?

Oui, et c’est même devenu très simple. D’après les dispositions officielles de Vie-publique.fr, la loi Lemoine vous permet de résilier à tout moment depuis le 1er septembre 2022. La seule condition : présenter des garanties au moins équivalentes à celles de votre contrat actuel. La banque a 10 jours ouvrés pour répondre à votre demande. Ce plafond s’applique par personne, donc en cas d’emprunt par un couple, il sera de 400 000 €.

La garantie perte d’emploi est-elle utile ?

Mon avis : rarement. Cette garantie est soumise à des conditions très strictes (licenciement économique uniquement, délai de carence long, durée de prise en charge limitée) et son coût est élevé. Pour la plupart des profils en CDI stable, constituer une épargne de précaution de six mois de mensualités offre une meilleure protection à moindre coût.

Combien de temps dure l’indemnisation en cas de sinistre ?

Pour les garanties décès et PTIA, c’est un versement unique qui solde le prêt. Pour l’IPT, cela peut être un versement unique ou des mensualités selon le contrat. Pour l’ITT, la prise en charge dure le temps de votre arrêt, dans la limite de la durée maximale prévue (souvent 3 ans). Chaque contrat a ses spécificités : lisez attentivement les conditions générales.

Si vous souhaitez évaluer le coût d’une couverture adaptée à votre situation, vous pouvez utiliser un comparateur de tarifs d’assurance prêt pour obtenir plusieurs devis en quelques minutes.

Et maintenant ?

Vous savez maintenant comment l’assurance emprunteur protège concrètement votre patrimoine et vos proches. Reste à vérifier si votre couverture actuelle est vraiment adaptée à votre situation.

Votre plan d’action cette semaine



  • Ressortir votre contrat d’assurance emprunteur et vérifier votre quotité actuelle


  • Identifier le délai de franchise ITT prévu (30, 60 ou 90 jours ?)


  • Comparer votre contrat avec au moins deux offres alternatives

Précisions importantes sur votre couverture emprunteur

  • Les niveaux de garantie et exclusions varient selon les contrats : lisez attentivement les conditions générales
  • Les délais de carence et franchises impactent la prise en charge effective
  • Chaque situation médicale et professionnelle nécessite une analyse personnalisée

Risques à connaître :

  • Risque de refus d’indemnisation si déclaration de santé incomplète ou inexacte
  • Risque de sous-couverture si quotité insuffisante pour couple co-emprunteur
  • Risque de délai de remboursement si dossier sinistre incomplet

Pour une analyse personnalisée, consultez un courtier en assurance emprunteur ou le conseiller de votre établissement bancaire.

Rédigé par Julien Moreau, conseiller en assurance et crédit immobilier depuis 2016. Basé à Lyon, il accompagne particuliers et investisseurs dans l'optimisation de leur couverture emprunteur, avec une attention particulière à la protection patrimoniale des couples co-emprunteurs. Son expertise porte sur l'analyse des garanties, le choix de quotité adapté et la négociation des conditions avec les assureurs. Il intervient régulièrement en formation auprès de courtiers indépendants.